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jeudi 4 novembre 2010

SUR LES TRACES DE BACH -8 bis- ERFURT


 La famille Bach habita au n° 1 puis déménagea à côté au n°3 de la Junkerstrasse.
Voisins, les Pachelbel dont la fille ainée Amelie peintre et graveuse, édita le premier livre de tricot!

La famille Bach 
est composée de deux branches principales : La branche d'Erfurt et la branche d'Arnstadt.


Durant plus d'un siècle, la famille Bach a dominé la vie musicale d'Erfurt de telle sorte, qu'encore en 1793 tous les musiciens du conseil de la ville étaient nommés «Bach» on ne disait plus un musicien mais un Bach. Rien que dans les registres de l'église des commerçants (Kaufmannskirche) sont consignés 60 baptêmes, mariages et enterrements concernant cette famille. 

 Kaufmankirche 
église où se marièrent les parents de Bach

Extrait du "dictionnaire de la musique" de Fétis

"BACH, nom d'une famille illustre dans l'histoire de la musique, de laquelle sont sortis, pendant près de deux cents ans, une foule d'artistes du premier ordre. Il n'y a point d'autre exemple d'une réunion de facultés aussi remarquables dans une seule famille. Le chef de celle-ci, nomme Weit Bach, fut d'abord boulanger à Presbourg. Forcé de sortir de cette ville, vers le milieu du l6me siècle, à cause de la religion protestante qu'il professait, il se retira dans un village de Saxe-Gotha, appelé Wechmar, et s'y fit meunier. Là, il se délassait en chantant et s'accompagnant avec une guitare. Il avait deux fils, auxquels il communiqua son goût pour la musique, et qui commencèrent cette suite non interrompue de musiciens du même nom qui inondèrent la Thuringe, la Saxe et la Franconie, pendant près de deux siècles. Tous furent ou chantres de paroisses, ou organistes , ou ce qu'on appelle en Allemagne musiciens de ville. Lorsque , devenus trop nombreux pour vivre rapprochés, les membres de cette famille se furent dispersés dans les contrées dont je viens de parler, ils convinrent de se réunir une fois chaque année, à jour fixe, afin de conserver entre eux une sorte de lien patriarcal ; les lieux choisis pour ces réunions furent Erfurt, Eisenach ou Arnstadt. Cet usage se perpétua jusque vers le milieu du 18ème siècle, et plusieurs fois l'on vit jusqu'à cent vingt musiciens du nom de Bach réunis au même endroit. Leurs divertissemens, pendant tout le temps que durait leur réunion, consistaient uniquement en exercices de musique. Ils débutaient par un hymne religieux chanté en chœur, après quoi ils prenaient pour thèmes des chansons populaires, comiques ou licencieuses, et les variaient en improvisant, à quatre, cinq et six parties. Ils donnaient à ces improvisations le nom de Quolibets. Plusieurs personnes les ont considérées comme l'origine des opéras allemands; mais les quolibets sont beaucoup plus anciens que la première réunion des Bach, car le D. Forkel eu possédait une collection imprimée à Vienne, en 1542."

 Les réunions chez les Bach une fois l'an se passaient au n° 3 de la Junkersand, maison située à côté de celle de la famille Pachelbel.
Cette famille Bach à l'occasion de ces rencontres pratiquait la stratégie de "l'araignée"!
- "Tu sais, Herr X vient de laisser son poste à..., tu devrais postuler; Herr Y est décédé et laisse vacquant l'orgue de..."
 Une vraie toile tissée en installant les Bach ici et là.



Une présentation très pointue nous est offerte à la Crucikirche, église baroque, où se trouve un orgue spécifique à la région de Thuringe, très chantant, avec des registrations permettant ce jeu particulier  qui met très en valeur la musique polyphonique, donc bien adapté au répertoire de Johann Sebastian.
Un organiste remarquable qui a travaillé avec Olivier Latry au CNRS de Paris, SILVIUS VON KESSEL nous ravit par les pièces qu'il interprète et ses explications très claires.


Le clavier de cet instrument très léger donne l'impression qu'il s'agit de celui d'un clavecin, 
j'y ai posé les doigts, d'une facilité extrême pour ce qui est de  l'enfoncement!


D'autres églises nous offrent de merveilleux buffets d'orgue, ça regorge en Thuringe!!!

 Predigerkirche, 
ancienne église des Dominicains


Krämerbrücke

 Nous continuons la visite de cette très belle ville, par le pont des Épiciers -qui rappelle le ponte vecchio de  Florence- avec ses maisons encore habitées.


Nous passerons également devant une ancienne synagogue restaurée; les allemands se montrent très soucieux de cette "réhabilitation" après les épisodes historiques que l'on connait!

Ancienne synagogue d’Erfurt


L’ancienne synagogue est située dans la Waagegasse. C’est la plus ancienne synagogue d’Europe centrale (aux environs de 1100) et l’un des plus importants témoignages de la communauté juive du Moyen-Âge. Dans les caves voûtées est exposé le trésor d’Erfurt (14e siècle), découvert lors de fouilles en 1998 : monnaies, lingots d’argent, bijoux gothiques et une bague de mariée juive unique en son genre.

Retour dans le centre sur le  "Fishmarkt" avant de se diriger vers la "Domplatz" pour terminer par la visite de la cathédrale Sainte Marie...



Cathédrale Sainte Marie

L’ensemble impressionnant constitué de la cathédrale Sainte Marie et de l’église Saint Séverin sur le Domberg est un des symboles de la ville d’Erfurt et attire croyants, touristes et habitants de la ville. 
Les vitraux de la cathédrale Sainte Marie sont de par leur quantité, richesse des thèmes et qualité artistique les plus importants d’Allemagne. La stalle originale et l’autel baroque de 17m de haut tout comme le tableau « les fiançailles de sainte Catherine » de Lucas Cranach valent la visite.  Le lustre que l’on appelle « Wolfram » date de 1160: très moderne comme vous pourrez le remarquer!
 Dans la tour du milieu se trouve la plus grosse cloche jamais fondue au Moyen-Âge, la « Gloriosa ».




Très amusantes, les vierges folles et les vierges sages...
Lesquelles préférez-vous?





Le Maitre autel
époque baroque

 Wolfram statue de bronze éclairant   les processions - environs de 1160-
le long de sa ceinture on trouve gravé:
"Wolframus ora pro nobis sancta Dei genitrix
Hiltiburc ut digni efficiamur gratia dei"


La vierge et l'enfant 
entourés de  Sainte Catherine au côté de Sainte Barbe
Lucas CRANACH
-"Très bien éclairé pour une fois" dixit Gilles.




encore un orgue ancien de toute beauté...





Une journée encore bien riche.
Retour à Weimar pour la dernière soirée dans cette charmante petite ville de Thuringe.

Il y a encore des surprises à découvrir!




...NAUMBURG puis 
via LEIPZIG



5 commentaires:

  1. Merci Martine pour ces billets sur Bach, j'ai apprécié le tableau de Lucas Cranach !
    Bonne soirée.

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  2. En effet, le Cranach est superbe. J'aime bien ces réunions "toile d'araignée", c'est à cette occasion qu'ils chantaient ces fameux "quodlibet" tel qu'on en retrouve un à la fin des variations Goldberg !

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  3. Parfaitement Michelaise, celui où il parle de la soupe aux choux!!!

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  4. "Jusqu'à cent vingt musiciens du nom de Bach réunis au même endroit": cela devait être impressionnant; une fête pour les mélomanes!
    Quant aux vierges, si dans l'Evangile, je préfère les sages, en ce qui concerne les sculptures, les folles endormies ont des attitudes plus souples qui me plaisent davantage.
    Merci pour vos textes et vos photos qui rendent votre publication passionnante.
    Anne

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  5. J'aime bien le pont des Epiciers, les vitraux de la cathédrale Sainte Marie, mais je suis toujours déconcertée par le baroque que je ne parviens pas à aimer...
    Une préférence pour les vierges folles...
    Bonne journée, Martine !

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