AUTUNO

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SEPTEMBRE...L'AUTOMNE POINTE SON NEZ.

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dimanche 13 juin 2010

Une semaine bien remplie

Épisode 1

Lundi soir à la cinémathèque de Nice





Eric m'avait invitée à venir voir un court-métrage, je ne savais pas trop de quoi il s'agissait si ce n'est "qu'un jeune de l'Ariane "s'en était sorti par la danse.

Ce documentaire  retrace le parcours personnel d’un jeune immigré , Ibrahim, qui essaie de devenir danseur professionnel. 
A travers ce projet, trois thèmes sont abordés : un parcours personnel migratoire, l’intégration par l’art, et le patrimoine culturel chorégraphique.
Le parcours de ce jeune homme aurait pu être désastreux, d'absentéisme scolaire en  vol  et deal, il aurait pu, comme son grand frère, finir en prison. Grâce à sa passion pour la danse il va réussir à prendre  une place  à part  entière comme membre actif de la société.




"L’enseignement artistique peut-il être un facteur d’intégration ?
 A cette question, la Compagnie Humaine répond « oui » sans hésiter et elle le prouve à travers son documentaire « Sur la route de Petrouchka » qui a d’ailleurs remporté l’appel à projet 2008 du dispositif « Identités, Parcours & Mémoires » (IPM). Ce dispositif, avec le soutien de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE) et du Ministère de la Culture, se propose en effet, d’aider des projets innovants dont l’objectif est de valoriser les patrimoines et les parcours migratoires. Projeté lundi soir en présence des partenaires (ACSE, IPM) dans les locaux de l’Agence Régionale des Arts du spectacle (ARCADE PACA), ce documentaire, réalisé par Eric Oberdorff et Loic Deltour met en avant l’histoire d’Ibrahim Hassani, un jeune comorien de 19 ans, issu d’un quartier difficile de Nice et devenu, grâce à son courage, à sa persévérance et à son talent, un danseur professionnel."

Ibrahim, un parcours exemplaire

C’est en animant des ateliers dans les établissements scolaires qu’Eric Oberdorff fait la connaissance d’Ibrahim Hassani. Il a fait de ce jeune comorien le personnage central de son documentaire, qui a reçu l’année dernière, le label européen « 2008 année européenne du dialogue interculturel ».
« Sur la route de Petrouchka » raconte le parcours d’Ibrahim. Ce jeune homme de 19 ans quitte les Comores à l’âge de 10 ans. Arrivé en France, il grandit dans un contexte social très difficile et se trouve rapidement en échec scolaire. Il ne fréquente les bancs de l’école que pour suivre les cours de Claudine Laville, dans le cadre des classes « Danse » du collège Maurice Jaubert à l’Ariane, à Nice. C’est alors, pour lui, une révélation. Il décide alors d’intégrer le Lycée Apollinaire dont la politique est très accentuée vers le domaine artistique. Un enseignement de spécialité « musique, théâtre ou danse » y est délivré. Marie Christine Brun, enseignante au Lycée Apollinaire est celle qui a décroché la vocation d’Ibrahim. Elle y invite des professionnels et fait des partenariats avec des compagnies afin qu’elles animent des ateliers, à l’image de la Compagnie Humaine ou de la Compagnie Azamiah spécialisée dans la danse Hip Hop.

Les années passent et le jeune Ibrahim progresse à grand pas. « Ce garçon avait une curiosité naturelle qui m’a beaucoup émue. Je pouvais lui demander n’importe quoi, il le faisait et il essayait de comprendre » souligne Eric Oberdorff.

Dés 2004, Ibrahim intègre la Compagnie Azamiah pour laquelle il est interprète dans plusieurs créations : « Suivre ou ne pas suivre », « Grains de Lune » ou encore « Voyage sans retour ». 
Depuis décembre 2007, il travaille comme assistant de Claudine Laville pour les cours de danse hip-hop, et fait même des remplacements comme professeur de danse. Depuis septembre de l’année dernière, il collabore avec la Compagnie Humaine et en février 2009, après l’annulation d’un spectacle en préparation « Petrouchka », il fait partie de ceux qui ont l’opportunité de danser pendant le spectacle « Un autre rêve Américain » au Pavillon Noir/CCN Ballet Prejlocaj à Aix-en-Provence. 
Il participe également à des performances dans différentes villes de France ainsi qu’à Nice, au Musée des Beaux Arts ou à la Villa Arson, un établissement artistique ouvert aux échanges internationaux, réunissant une école d’art, un centre d’art contemporain et des résidences d’artistes. Un tour de France qui ne lui déplait pas. Aujourd’hui, le jeune homme est pleinement conscient de cette transmission artistique. 
Il se projette et avoue que s’il n’avait pas rencontré la danse, il serait, soit « assis sur un banc du quartier » soit « en prison ». La danse l’a pris dans ses bras pour former un duo poétique loin des vices de la rue. C’est là, que se pose la question de l’intégration par l’art et de l’importance de l’enseignement artistique en milieu scolaire.

La danse, facteur d’intégration 

Pour Eric Oberdorff, il n’y a pas à chercher bien loin pour affirmer que 

« l’art est aussi important pour la construction de l’enfant que les maths. Avec ces enseignements artistiques, nous voyons les élèves se transformer, se construire une personnalité, s’ouvrir aux autres et envisager un avenir ». 

Marie-Christine Brun ajoute même que :
« la danse ne mène pas seulement à la scène. Le but n’est pas de former des artistes mais des gens à l’aise dans leurs corps et dans la société ».

Le parcours d’Ibrahim Hassani illustre parfaitement cette vision. La danse l’a sorti de cette routine qu’était la rue et ses vices. « Sur la route de Petrouchcka » est aussi un hymne à l’art comme garant d’une intégration réussie à la perfection, un hymne à la sagesse et à l’ouverture d’esprit des hommes à l’heure où les populations issues de l’immigration font l’objet d’une traque incessante. Ce documentaire met ainsi en avant la valeur ajoutée de l’émigration pour le pays d’accueil.

« Quand j’ai vu cet appel à projet, j’ai pensé de suite à lui. J’ai pu suivre son évolution sur deux ans . Il tenait aussi à faire ce documentaire parce qu’il voulait que d’autres personnes aient la même chance que lui et faire découvrir le milieu artistique à des jeunes qui seraient également en difficulté"
 souligne Eric Oberdorff. Aujourd’hui, le jeune homme a mis sa carrière entre parenthèse et travail dans la restauration pour faire face aux charges de la vie d’adultes.

« C’est un garçon responsable et intégré qui fait aujourd’hui face à la vie ».
Mais loin de là, sa carrière de danseurs n’est pas terminée.
Ce docu-fiction a été aussi été diffusé le 17 octobre dernier au Théâtre de la Licorne dans le cadre de la programmation « Made in Cannes".

-Scénario, chorégraphie & réalisation : Éric Oberdorff Images, montage & co-réalisation : Loïc Deltour Coordinateur artistique et administratif du projet : Laurent Trincal Coordinatrice et responsable logistique pour la Cie Azamiah : Claudine Laville Producteur : Compagnie Humaine Coproducteurs : Un Nuage Production, Compagnie Azamiah




 Ibrahim était présent à la projection 
avec son amie et son petit bébé 

2 commentaires:

  1. Une belle histoire, d'autant plus belle qu'elle se situe dans la réel et non dans une fiction.

    Bon dimanche.

    Linda

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  2. Oh que oui, l'artistique peu sortir les enfants *des rues* d'un avenir médiocre. Ils sont trop rare ceux qui ont la chance et aussi la volonté de rencontrer les bonnes personnes, au bon moment.

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