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dimanche 9 août 2009

Hector Berlioz et Nice .



« Je n’ai rien vu de plus beau que cette colline inspirée. Ni Capri ni la radieuse baie de Salamine ne peuvent lui être comparées. J’ai trouvé ma ville : c’est Nice. Et ce sortilège de toutes ses couleurs, de son harmonie font entendre au fond de mon cœur le chant intime de la résignation. »

Je viens de relire quelques passages des "Mémoires" d' Hector BERLIOZ suite à notre petite visite du Musée Masséna.
En effet le maître passionné de la musique romantique française adorait Nice à laquelle il consacre de nombreuses lignes dans ces pages.

Nous sommes fin avril 1831 : Berlioz est amoureux de la belle Camille Moke, son amante, pianiste virtuose, qui s'est jetée à son cou , devenant sa maîtresse puis sa fiancée. Leur première escapade les conduira de Paris à Vincennes où ils passent leur première folle nuit. Elle lui est promise en mariage mais , alors qu'il est à Rome pour le grand concours de la villa Médicis, il reçoit une lettre de la mère de sa fiancée qui lui annonce le mariage de sa fille avec un certain Pleyel, riche fabricant de pianos.
Fou de douleur, Berlioz décide de rentrer à Paris pour tuer l'infidèle. En chemin, il tente de se suicider à Gênes, puis fait étape à Nice.


« J’arrivai à cette bienheureuse ville de Nice, grondant encore un peu. Voilà que j’aspire l’air tiède et embaumé de Nice à pleins poumons; voilà la vie et la joie qui accourent à tire d’aile, et la musique qui m’embrasse, et l’avenir qui me sourit; et je reste à Nice un mois entier à errer dans les bois d’orangers, à me plonger dans la mer, à dormir sur les bruyères des montagnes de Villefranche, à voir, du haut de ce radieux observatoire les navires venir, passer et disparaître silencieusement. Je vis entièrement seul, j’écris l’ouverture du Roi Lear, je chante, je crois en Dieu. Convalescence. C’est ainsi que j’ai passé à Nice les vingt plus beaux jours de ma vie. O Nissa !»



Cependant après ce mois de vie niçoise qui l'a enthousiasmé, le 21 mai 1831, Berlioz quitte Nice car la police du roi de Sardaigne qui le prend pour un espion, l’expulse.


Berlioz fit à Nice trois séjours : en 1831 dans un immeuble plus tard intégré à l’hôtel Suisse, en 1844 dans la tour Clérissy aujourd’hui appelée Bellanda, d'où il jouit d'une vue qui le ravit et où il compose l'ouverture de La Tour de Nice plus tard intitulé «le Corsaire», et en 1868 à l’hôtel des Étrangers.

A cette époque, exténué par sa vie trépidante, Berlioz essaye une nouvelle fois de rétablir sa santé à Nice. Mais, trop faible, il est frappé par deux congestions cérébrales, à Monaco et à Nice. Il doit rentrer à Paris où il s'éteint un an plus tard, le 8 mars 1869, à l'âge de 65 ans, solitaire, après avoir perdu les uns après les autres tous ses proches.

2 commentaires:

  1. Merci pour ces éléments biographiques du grand compositeur.
    Anne

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  2. Lors de notre soirée "les nutis d'été" Alain Carré a lu, pour "lier" le concert, entre chaque lied ou morceau de musique, des lettres de Berlioz... il avait l'air d'écrire beaucoup et de râler encore plus !!! J'ai ainsi découvert son désespoir et sa fureur contre Pleyel... ce qui m'a beaucoup amusée car il y a peu, mon ami Gérard avait fait un concert avec Arlette, une maie pianiste, où il parlait des facteurs de piano et nous avions découvert Pleyel plus intimement...

    http://lepetitrenaudon.blogspot.com/2008/12/arlette-et-gerard.html

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